Algérie : un Salon africain couronné de succès… mais sous haute surveillance présidentielle

La quatrième édition du Salon africain du commerce interafricain, organisée pour la première fois en Algérie, a marqué un tournant pour le pays. Plusieurs dizaines de contrats et accords de coopération ont été signés, validés par la Banque africaine d’import-export, illustrant l’attractivité retrouvée de l’économie algérienne et son rôle croissant dans le commerce intra-africain.
Le ministre des Affaires étrangères a pris en main la conférence de presse pour présenter ces résultats. Cette décision visait à donner l’impression que la diplomatie économique algérienne fonctionne de manière efficace et proactive. L’entourage présidentiel a supervisé la conférence, garantissant que le discours reste conforme à la ligne définie par la Présidence.
Sur le plan diplomatique, plusieurs clarifications ont été apportées. Concernant le Burundi, aucun incident protocolaire n’a eu lieu et une visite officielle du président burundais est prévue. La rumeur d’une plainte du Mali auprès de la Cour internationale de justice a été catégoriquement démentie. Les relations avec l’Italie ont été décrites comme un partenariat stratégique couvrant l’énergie, l’hydrogène vert, la fibre optique et les grands projets structurants. Pour la cause palestinienne, la priorité reste l’élargissement de la reconnaissance internationale de l’État palestinien, tandis que la prochaine réunion arabo-islamique à Doha nécessitera au minimum une condamnation de l’agression contre le Qatar.
Cette conférence met en évidence une tension institutionnelle : si le succès économique est réel, la centralisation autour du ministre des Affaires étrangères et de l’entourage présidentiel peut affaiblir la position des ministres de la Communication et du Commerce extérieur. Elle soulève également une question stratégique : le président Tebboune envisage-t-il d’intégrer plus étroitement la diplomatie dans le dossier du commerce extérieur pour renforcer la cohérence des politiques économiques et diplomatiques ?
En conclusion, la conférence dépasse le simple bilan du Salon. Elle illustre une stratégie où diplomatie, économie et communication se croisent, sous un contrôle présidentiel strict. L’Algérie confirme son rôle pivot en Afrique, tout en mettant en lumière les défis liés à la coordination institutionnelle et à la maîtrise de son image à l’international.

Discours du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, lors de l’animation aujourd’hui d’une conférence de presse dédiée à la quatrième édition du Salon africain du commerce interafricain IATF2025 organisée en Algérie la semaine dernière.
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux,
Que la paix et les bénédictions soient sur son Prophète fidèle et véridique.
Monsieur le conseiller du président de la République chargé de la direction générale de la communication,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les présidents d’institutions et d’organismes nationaux,
Mesdames et Messieurs les représentants des médias nationaux et internationaux,
Chers participants,
Bienvenue et merci d’avoir accepté notre invitation à participer à ce rendez-vous médiatique renouvelé.
Il y a trois jours, s’est clôturée la quatrième édition du Salon africain du commerce interafricain, organisée en Algérie du 4 au 10 de ce mois, avec succès et éclat.
L’initiative de l’Algérie n’était pas fortuite ni le fruit du hasard, mais un décision réfléchie et stratégique, fondée sur trois principes :
1. Renforcer la position de l’Algérie dans la promotion de la renaissance économique africaine, conformément à la vision du président de la République.
2. Faire du développement économique la clé de la sécurité et de la stabilité sur le continent, montrant que la guerre, la pauvreté et le sous-développement ne sont pas une fatalité pour l’Afrique.
3. Favoriser le commerce et l’investissement intra-africains, tout en donnant un nouvel élan au processus de développement économique africain.
Ainsi, cette quatrième édition du Salon n’était pas un simple événement économique limité, mais un engagement continental renouvelé :
Pour l’intégration économique africaine,
Pour la souveraineté économique du continent,
Pour assurer à l’Afrique une place digne sur la scène internationale.
L’Afrique refuse désormais les rôles secondaires dans les institutions internationales et aspire à des partenariats équilibrés, basés sur le respect mutuel et le partage équitable des bénéfices.
Résultats du Salon
Participation officielle : dirigeants et vice-présidents de plusieurs pays africains, plus de 40 ministres du Commerce et de l’Industrie, représentants d’organisations internationales et régionales, et d’éminentes personnalités africaines.
Pays représentés : 49 pays africains avec pavillons, 21 pays hors Afrique, pour un total de 132 pays.
Visiteurs et exposants : 112 476 visiteurs (60 650 sur place, 51 826 à distance), 2 148 exposants.
Transactions conclues : contrats d’une valeur totale de 48,3 milliards USD, dont 11,4 milliards USD pour les entreprises algériennes.
Le ministre a également annoncé la création d’un fonds pour les start-ups et les innovateurs africains, afin de soutenir la jeunesse comme principal levier de développement durable du continent.
Message stratégique
L’Afrique doit désormais se bâtir par elle-même, investir en elle-même et forger son avenir grâce à ses ressources et talents. L’Algérie se positionne comme moteur de cette transformation économique et diplomatique, et appelle à la coopération et à l’action collective pour une Afrique autonome et influente sur la scène internationale.

