Industrie, inflation et souveraineté : Tebboune expose les priorités de l’exécutif
Lors de son intervention médiatique, le président Abdelmadjid Tebboune est revenu sur les choix économiques et diplomatiques de l’Algérie, défendant les grands projets industriels, la maîtrise de l’inflation et le rôle de l’État social, tout en dénonçant des contraintes extérieures jugées déséquilibrées.

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Lors de son intervention médiatique, le président de la République Abdelmadjid Tebboune est revenu sur plusieurs dossiers économiques, sociaux et diplomatiques, alors que les choix économiques de l’exécutif et la posture diplomatique de l’Algérie font l’objet de discussions croissantes.
Sur le plan commercial, le chef de l’État a évoqué les quotas imposés par l’Union européenne sur certaines exportations algériennes, qu’il a présentés comme un facteur limitant les capacités industrielles nationales.
Selon le prrésident Tebboune, ces mécanismes restreignent l’accès des produits algériens au marché européen, malgré leur conformité aux normes en vigueur, et traduisent une relation qu’il juge déséquilibrée au regard du principe de liberté des échanges régulièrement mis en avant par les partenaires européens.
Cette contrainte extérieure a été mise en perspective avec les choix stratégiques opérés par l’Algérie dans le secteur de l’industrie lourde, notamment à travers le projet minier de Gara Djebilet.
Le président a rejeté les critiques portant sur la rentabilité du projet, affirmant qu’il repose sur des études approfondies réalisées par des cabinets internationaux spécialisés. Il a insisté sur le fait que la rentabilité de ce type d’investissement ne se mesure pas uniquement à court terme, mais aussi à sa capacité à réduire la dépendance aux importations, estimées entre 1,4 et 1,5 milliard de dollars par an pour les produits sidérurgiques.
Le président a également rappelé que le minerai de fer de Gara Djebilet présente une teneur de 52 %, et que des investissements sont en cours pour assurer son traitement local, notamment par la réduction de sa teneur en phosphore.
L’objectif affiché est d’intégrer l’extraction, la transformation et le transport dans une même chaîne de valeur, afin de renforcer l’autonomie industrielle du pays.
Cette stratégie est étroitement liée au développement des infrastructures ferroviaires, en particulier la ligne reliant Tindouf à Béchar, appelée à s’inscrire dans un réseau plus large reliant le sud du pays au nord.
Le président a présenté ce projet comme un levier de désenclavement territorial et un outil de soutien aux projets miniers et industriels.
Il a indiqué que la mise en service d’une liaison ferroviaire entre Tamanrasset et Alger est envisagée à l’horizon 2028, sous réserve du respect des calendriers annoncés.Sur le volet social, Abdelmadjid Tebboune a abordé la question de l’inflation, affirmant que celle-ci est aujourd’hui contenue à un niveau inférieur à 2 %, après avoir atteint, a déclaré le chef de l’État, 10 à 11 % au début de son mandat.
Cette évolution est attribuée au maintien des mécanismes de soutien public et à l’intervention de l’État pour amortir les effets des hausses internationales des prix, notamment sur les produits de première nécessité.
Il a également défendu les augmentations salariales décidées ces dernières années, estimées à près de 50 %, tout en assurant qu’elles n’ont pas provoqué de spirale inflationniste.
Le président a par ailleurs réaffirmé le caractère central de l’État social, citant la santé et l’éducation gratuites comme des acquis non négociables, tout en évoquant la nécessité de lutter contre le gaspillage et de rationaliser certaines dépenses publiques à moyen terme.
Enfin, sur le plan diplomatique, le chef de l’État a insisté sur le principe de non-ingérence et de respect de la souveraineté nationale. Sans désigner explicitement de pays, il a fait référence à des tentatives d’influence extérieure qu’il a jugées inacceptables, affirmant que l’Algérie entend poursuivre une politique étrangère fondée sur le droit international, le dialogue et l’indépendance de décision.
À travers cette intervention, le président a présenté une lecture d’ensemble des priorités de l’exécutif, articulant le développement de la politique industrielle, la préservation de la stabilité sociale et l’affirmation de la souveraineté nationale. Cette approche s’inscrit dans un contexte économique et géopolitique en recomposition, marqué par des contraintes extérieures, des tensions sur les marchés internationaux et la volonté affichée de l’Algérie de consolider son autonomie stratégique.

