L’ancien président de la Fédération de football Sharaf Eddine Amara incarcéré
Alger – Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné, dimanche, le placement en détention provisoire de Sharaf Eddine Amara, ancien PDG du groupe public Madar, dans le cadre de l’enquête dite de la « mafia des cigarettes », une affaire aux ramifications économiques et institutionnelles sensibles.
Selon des sources judiciaires, Sharaf Eddine Amara est poursuivi pour blanchiment d’argent, infraction à la législation sur les mouvements de capitaux, enrichissement illicite et conflits d’intérêts, en lien avec la société algéro-émiratie de production de cigarettes STIM, détentrice des licences de marques internationales telles que Marlboro et LM.
L’enquête porte sur un système présumé de distribution fictive, ayant permis l’écoulement de volumes importants de cigarettes sur le marché informel et vers des circuits de contrebande, au détriment des recettes fiscales. Des opérateurs non agréés auraient bénéficié de facilités d’approvisionnement, avec une contribution fiscale jugée insuffisante et des soupçons d’évasion de devises vers l’étranger.
Une chute marquante d’un dirigeant public de premier plan
Jusqu’à son éviction mi-octobre 2025, Sharaf Eddine Amara figurait parmi les dirigeants les plus influents du secteur public algérien. Artisan de la structuration du groupe Madar depuis 2015, ex-président de l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP), il avait également dirigé la Fédération algérienne de football (FAF) entre avril 2021 et mars 2022, après que le groupe Madar a pris le contrôle du club du CR Belouizdad en 2018.
Avec son incarcération, l’Algérie compte désormais deux anciens présidents de la FAF ayant été emprisonnés dans des dossiers liés à des soupçons de corruption et de malversations. Avant lui, Kheireddine Zetchi, président de la Fédération entre 2017 et 2021, avait déjà fait l’objet d’une détention dans le cadre de procédures portant sur la gestion financière et administrative du football national.
Cette situation, rare dans l’histoire sportive du pays, intervient dans un contexte de scrutin accru sur la gouvernance des instances sportives et soulève des interrogations sur les mécanismes de gestion et de contrôle d’un secteur considéré comme stratégique. Le fait que deux dirigeants successifs de la FAF aient connu l’incarcération constitue un précédent notable, illustrant les interactions étroites entre sport, finances publiques et environnement institutionnel.
Une affaire aux implications plus larges
Plusieurs cadres de la STIM, ainsi que des distributeurs et intermédiaires, ont déjà été interpellés ces derniers mois. Toutefois, selon des observateurs, le dossier ne se limiterait pas aux seuls responsables opérationnels des entreprises concernées, mais pourrait s’inscrire dans un système plus étendu de pratiques irrégulières, encore en cours d’examen par la justice.
L’enquête avait initialement été ouverte entre 2020 et 2023 par les services de sécurité, avant d’être reprise en 2025 par le Service central de lutte contre le crime organisé, relevant de la police nationale.
Cette affaire est également interprétée comme un message politique réaffirmant la volonté affichée de soumettre l’ensemble des acteurs, sans distinction de statut, au cadre judiciaire lorsqu’existent des soupçons d’infractions économiques ou financières.
À ce stade, la justice algérienne n’a pas communiqué sur l’ampleur précise du préjudice financier ni sur d’éventuelles suites concernant d’autres personnes.
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