NATO ISLAMIQUE
L’idée peut sembler provocatrice, voire excessivement ambitieuse, mais elle mérite d’être prise au sérieux. Selon l’analyse d’Abdel Bari Atwan, la dynamique régionale actuelle laisse entrevoir l’émergence d’un axe sécuritaire et politique islamique informel, que certains n’hésitent plus à comparer à une forme de « NATO islamique » à géométrie variable.
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Ce noyau dur reposerait sur cinq pôles majeurs, avec en première ligne la Turquie et l’Égypte, dont le rapprochement stratégique marque une rupture nette avec les années de rivalités idéologiques et de tensions diplomatiques.
Longtemps opposés sur les dossiers libyen, palestinien et sur la question des Frères musulmans, Ankara et LeCaire semblent aujourd’hui guidés par une lecture plus pragmatique des rapports de force régionaux.
Pour Abdel Bari Atwan, ce réalignement ne relève pas d’un simple réchauffement bilatéral. Il s’inscrit dans une recomposition plus large du Moyen-Orient, accélérée par l’affaiblissement de l’engagement américain direct, la guerre à Gaza, l’embrasement latent de la mer Rouge et la montée en puissance d’acteurs régionaux cherchant à sécuriser leurs intérêts sans dépendre exclusivement de Washington.
La Turquie, forte de son industrie militaire, de son poids démographique et de son activisme diplomatique, se positionne comme un pivot stratégique. L’Égypte, quant à elle, conserve un rôle central grâce à son armée, son contrôle des points de passage sensible, notamment Rafah, et sa capacité à dialoguer simultanément avec les puissances occidentales, Israël et les acteurs palestiniens.

