Quand les armes parlent avant les urnes

Bissau – Trois jours après la tenue des élections générales en Guinée-Bissau, des officiers de l’armée sont apparus à la télévision nationale pour annoncer la destitution du président sortant Umaro Sissoco Embaló et la suspension du processus électoral, plongeant le pays dans une nouvelle zone de turbulence politique.
Le scrutin présidentiel et législatif s’était déroulé le 23 novembre 2025. La Commission nationale électorale devait publier les premiers résultats officiels dès le jeudi 27 novembre, mais le coup de force militaire est intervenu avant toute proclamation, alors que le pays restait dans l’attente des chiffres définitifs.
Dans les heures ayant précédé l’intervention de l’armée, le président Embaló et son principal rival, Fernando Dias, avaient tous deux revendiqué la victoire, alimentant un climat de forte tension et un bras de fer politique ouvert autour des résultats.
Mercredi, Umaro Sissoco Embaló a déclaré avoir été victime d’un « coup d’État contre la légitimité constitutionnelle ». Il a affirmé que des unités militaires avaient encerclé des institutions souveraines, imposé des mesures exceptionnelles, restreint les déplacements de plusieurs responsables et suspendu partiellement l’ordre constitutionnel.
De leur côté, les militaires ont évoqué, dans des communiqués diffusés par les médias locaux, un « mouvement visant à sauver le pays du chaos », sans toutefois annoncer officiellement la formation d’un conseil militaire ni une prise totale du pouvoir, accentuant l’incertitude sur la nature réelle du régime en place.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte de fragilité chronique. La Guinée-Bissau reste l’un des États les plus instables d’Afrique de l’Ouest, marqué depuis son indépendance par une succession de coups d’État, de tentatives de putsch et de rivalités internes au sein de l’armée.
Sur le plan régional et international, les événements ont suscité de vives inquiétudes, avec la crainte d’un nouveau vide institutionnel susceptible de fragiliser davantage l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, déjà confrontée à une série d’instabilités politiques dans la zone sahélienne.
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