Fuite explosive : Assad se moque des Syriens, du Hezbollah et de Poutine

La chaîne Al-Arabiya a diffusé une série de vidéos inédites montrant l’ancien président syrien Bachar al-Assad et son ex-conseillère Luna Chbel dans des échanges privés remontant à mars 2018, lors d’une visite dans la Ghouta nouvellement reprise par les forces du régime. Ces enregistrements, retrouvés dans le palais présidentiel après la chute du régime en décembre 2024, révèlent un ton de mépris constant envers les habitants de la Ghouta, des soldats syriens, le Hezbollah et même le président russe Vladimir Poutine.
Dans ces séquences filmées à bord d’un véhicule, Assad apparaît riant de la misère des civils, insultant les habitants de la Ghouta, qu’il accuse d’« ingratitude », et se moquant ouvertement des soldats ayant embrassé sa main à un checkpoint. Il affirme également ne « rien ressentir » en voyant ses portraits dans les rues. D’autres extraits le montrent ridiculisant Suheil al-Hassan, le général le plus médiatisé du régime, qualifié d’homme « aux théories absurdes ».
Les enregistrements montrent également Bachar al-Assad tournant en dérision le président russe Vladimir Poutine. Dans une séquence, Assad et Luna Chbel ironisent sur l’apparence du chef du Kremlin, évoquant ses « opérations esthétiques » et affirmant que « tout est gonflé », avant de conclure en riant qu’il s’agit d’un « film compromettant ». Des propos particulièrement sensibles alors que Moscou constituait l’allié militaire et politique central du régime syrien. Interrogé par Al-Arabiya, l’ex-conseiller du Kremlin Sergueï Markov a minimisé la portée de ces moqueries, assurant que Poutine « n’y prête aucune attention » et rappelant que « la vie politique d’Assad est aujourd’hui terminée » et que Moscou traite désormais « exclusivement avec les autorités syriennes actuelles ».
Les informations sur les conditions d’enregistrement renforcent la portée explosive de ces documents.
Les vidéos ont été retrouvées dans une enveloppe scellée portant la mention « Très secret », dans une armoire du palais. À l’intérieur figuraient des documents personnels appartenant à Luna Chbel — copies d’identité, carte professionnelle, dossiers internes — laissant penser qu’elle conservait elle-même ces enregistrements. Les images montrent qu’elle filmait depuis le siège avant, tandis qu’un troisième homme, identifié comme Amjad Issa, membre du bureau médiatique présidentiel, enregistrait depuis la banquette arrière et soufflait parfois à Assad les phrases destinées à la vidéo officielle que la présidence devait diffuser.
Ces éléments offrent un rare aperçu des coulisses de la communication du régime : Assad y apparaît simulant la surprise devant la « libération » de certaines localités, répétant des phrases, corrigeant son texte et ajustant son ton pour coller au récit propagandiste diffusé par la télévision d’État. L’ensemble contraste radicalement avec la vidéo officielle publiée en 2018, qui présentait un président « ému » face à la destruction de la Ghouta. Les images brutes révèlent au contraire un chef d’État moqueur, détaché et indifférent à l’ampleur de la tragédie humaine.
Au-delà de l’image d’Assad, ces fuites ravivent les interrogations autour du rôle de Luna Chbel, de sa mort controversée et des rivalités internes entre factions prorusses et pro-iraniennes. Ancienne présentatrice d’Al-Jazeera devenue l’une des figures centrales du palais, elle était perçue comme le principal relais du « camp russe » et participait, selon plusieurs sources, à la majorité des réunions entre Assad et Vladimir Poutine. La présence de ses documents personnels aux côtés des vidéos alimente l’hypothèse selon laquelle elle conservait ce matériel comme « assurance » dans un système traversé par des luttes de pouvoir violentes.

Sa mort en 2023, officiellement présentée comme un accident de voiture, reste entourée d’un profond mystère. Dans des versions officieuses relayées par des médias proches du pouvoir, son frère — officier de haut rang — aurait été accusé d’avoir transmis à Israël des informations sensibles, déclenchant une vague de suspicion ayant conduit à son élimination. D’autres hypothèses évoquent un règlement de comptes interne lié à son alignement sur Moscou.
Selon l’analyste politique Ridwan Aqil, ces vidéos « résument vingt-quatre ans d’un pouvoir bâti sur la duplicité, la violence et le mépris de la population ». Plusieurs observateurs soulignent que la coïncidence entre la découverte des vidéos, le rôle central de Chbel dans le canal avec Moscou et les zones d’ombre entourant sa mort renforce l’idée que la bataille pour l’influence autour de Poutine a traversé les cercles rapprochés du régime syrien.
La diffusion de ces documents provoque depuis plusieurs heures une onde de choc dans l’opinion syrienne et dans la région. D’autres vidéos, toujours non publiées, auraient été récupérées dans le même lot et pourraient apporter de nouveaux éclairages sur les rapports de force internes du régime Assad et sur la manière dont le Kremlin, sous la direction de Vladimir Poutine, a influencé la conduite de la guerre et la communication du pouvoir à Damas.
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Où peut-on voir la vidéo, c’est peut-être un montage IA ?