Peine de mort : Amnesty interpelle le Conseil de la nation

Après l’adoption par l’Assemblée populaire nationale d’amendements élargissant le champ d’application de la peine de mort en Algérie, Amnesty International appelle désormais le Conseil de la nation à rejeter le texte lors de son prochain examen.
La bataille autour de l’élargissement de la peine capitale se déplace vers le Conseil de la nation.
Dans une déclaration publiée le 1er octobre, Amnesty International a demandé aux membres de la chambre haute du Parlement algérien de rejeter les amendements au Code pénal adoptés le même jour par l’Assemblée populaire nationale.
Selon l’organisation, les nouvelles dispositions étendent notamment la peine capitale à des actes liés aux incendies volontaires, y compris l’incitation, l’encouragement ou la facilitation de tels actes, ainsi qu’à certaines infractions particulièrement graves commises contre des enfants.
Amnesty qualifie ces amendements de « régressifs » et estime que leur adoption intervient dans un contexte marqué par les déclarations des autorités évoquant une possible reprise des exécutions.
L’organisation demande au contraire à l’Algérie d’instaurer officiellement un moratoire sur celles-ci, dans la perspective d’une abolition.
L’enjeu dépasse la seule modification du Code pénal. L’Algérie conserve la peine capitale dans sa législation et les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort, mais aucune exécution n’a été réalisée dans le pays depuis 1993.
Amnesty souligne également que le champ de la peine capitale avait déjà été élargi en juillet 2025 à plusieurs infractions liées aux stupéfiants.
Après le vote de l’APN, l’attention se porte donc désormais sur le Conseil de la nation. C’est cette prochaine étape parlementaire qu’Amnesty cherche à influencer en demandant aux sénateurs de ne pas approuver les nouvelles dispositions.
En définitive, malgré les réactions négatives suscitées par cette décision dans le pays, notamment au sein d’une partie des élites, elle semble avoir bénéficié, à l’inverse, du soutien d’une large frange de l’opinion publique.

