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Algérie : Romain Molina charge Petković et pointe les dysfonctionnements de la FAF

L’élimination de l’Algérie a provoqué une vague de critiques autour de la sélection nationale. Dans une analyse particulièrement sévère, le journaliste Romain Molina met en cause les choix tactiques de Vladimir Petković, la gestion du groupe et le fonctionnement interne de la Fédération algérienne de football.

Pour Molina, le problème ne se limite pas au résultat sportif. Il estime que l’Algérie a donné l’impression d’avancer sans véritable ligne directrice. « Comment, dans un match de 16e de finale de Coupe du monde, tu peux aligner une équipe complètement expérimentale ? », s’interroge-t-il, en visant directement les choix opérés face à la Suisse.

Le journaliste insiste surtout sur l’absence d’identité de jeu. Selon lui, la sélection nationale a changé de visage à chaque rencontre, sans jamais trouver de cohérence. « Sur les quatre matchs de l’équipe nationale dans cette Coupe du monde, tu as l’impression que quatre fois c’était des choses différentes, mais que c’était brouillon », affirme-t-il.

Le cas de Maza illustre, à ses yeux, cette confusion tactique. Présenté comme l’un des plus grands talents algériens de sa génération, le joueur aurait dû bénéficier d’un rôle central dans l’animation offensive. « Tout le monde voit que Maza doit disposer des clés du jeu », souligne Molina, regrettant que son potentiel n’ait pas été pleinement exploité.

La gestion offensive est également critiquée. Molina pointe l’absence d’un véritable numéro 9 installé, les hésitations autour de Gouiri, l’utilisation limitée de Benbouali et le rôle flou attribué à certains remplaçants. « En gros, on a un potentiel mais on ne l’utilise absolument pas », résume-t-il.

Au-delà des choix sportifs, Romain Molina évoque un problème de communication entre Petković et ses joueurs. Selon lui, il ne s’agit pas forcément d’une rupture personnelle, mais plutôt d’un manque de compréhension et de précision. « Ils ne se détestent pas, loin de là. Sauf qu’en fait, ils ne se comprennent pas », affirme-t-il, en évoquant des consignes peu détaillées et des séances de travail jugées insuffisantes.

L’expression qui revient le plus fortement dans son analyse est celle d’une équipe laissée en « pilotage automatique ». Elle traduit l’idée d’un groupe livré à lui-même, sans cadre tactique suffisamment solide. « Pourquoi en fait tu as l’impression, et eux-mêmes ont l’impression, qu’ils sont laissés en pilotage automatique ? », interroge Molina.

Mais la critique ne s’arrête pas au sélectionneur. Romain Molina vise également la Fédération algérienne de football et son président, Walid Sadi. Il estime notamment que la prolongation de Petković avant la compétition aurait été décidée sans véritable concertation. « Le bureau fédéral n’a pas été tellement sollicité », avance-t-il, dénonçant une gestion trop personnelle du pouvoir fédéral.

Le cumul des responsabilités de Walid Sadi est aussi remis en question. Molina s’interroge : « Comment un ministre des Sports peut aussi gérer la Fédération de football ? » Pour lui, la FAF exige une présence permanente, surtout dans une période aussi sensible pour l’équipe nationale.

Le journaliste nuance toutefois son propos en reconnaissant que tout n’est pas négatif dans le bilan de Sadi. « Ça ne veut pas dire que Sadi a tout fait mal depuis son arrivée. Non, loin de là. Il a fait aussi de très bonnes choses », rappelle-t-il. Mais selon lui, le problème réside dans une évolution préoccupante : concentration des décisions, manque de dialogue interne et volonté de contrôler la critique.

Cette élimination apparaît donc, dans la lecture de Romain Molina, comme le symptôme d’un malaise plus profond. L’Algérie dispose de talents, aussi bien dans la diaspora que dans la formation locale, mais elle peine à transformer ce potentiel en force collective.

La conclusion est amère. Pour Molina, l’échec n’est pas seulement celui d’un sélectionneur ou d’un match raté. Il révèle un système qui doit se remettre en question. « Soit la Fédération, le staff et les joueurs se remettent en question, soit il y aura encore une période de vaches maigres pour l’Algérie », prévient-il.

Au fond, cette sortie sonne comme un avertissement : l’équipe nationale ne manque pas de talents, mais elle manque d’une direction claire. Et dans le football moderne, le talent seul ne suffit plus.


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