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Automobile : l’Algérie veut stopper les importations de pièces plastiques

L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’intégration locale de l’industrie automobile. À compter du 31 décembre 2026, les constructeurs et assembleurs automobiles agréés devront s’approvisionner localement pour les composants plastiques pouvant être fabriqués dans le pays, plutôt que de les importer.

Cette orientation a été annoncée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, à l’occasion de l’entrée en activité de l’usine General Plastic Injection (GPI) de Tissemsilt, spécialisée dans la fabrication de composants plastiques destinés notamment à l’industrie automobile.

Selon l’agence italienne Agenzia Nova, les constructeurs devront également mettre à disposition les moules nécessaires à la fabrication locale de certaines pièces actuellement importées. L’objectif est d’accélérer la constitution d’un véritable réseau national de sous-traitance automobile.

Une capacité équivalente aux besoins de 150 000 véhicules

L’usine GPI dispose d’une capacité de production de 50 000 tonnes par an, ce qui correspondrait aux besoins en composants plastiques d’environ 150 000 véhicules par an.

L’investissement est estimé à 5 milliards de dinars, soit environ 33 millions d’euros. Le site devrait générer plus de 7 milliards de dinars de chiffre d’affaires dès sa phase de démarrage.

Sur le plan de l’emploi, l’activité doit permettre la création de 300 postes directs et plus de 500 emplois indirects.

L’enjeu est également de réduire fortement la facture des importations. La production nationale devrait permettre de remplacer environ 50 % des importations de composants plastiques dans une première phase, avec un objectif pouvant atteindre 90 % lorsque la ligne de peinture sera pleinement opérationnelle.

Fiat Algérie déjà partenaire de GPI

Fiat Algérie figure déjà parmi les partenaires de GPI, l’usine de Tissemsilt étant appelée à fournir au constructeur des composants techniques en plastique.

Pour les constructeurs automobiles, l’échéance du 31 décembre signifie donc une accélération du processus de localisation : lorsqu’une pièce plastique peut être produite en Algérie, son approvisionnement devra basculer vers la production nationale.

La mesure pourrait ainsi contribuer à augmenter le taux d’intégration des véhicules assemblés localement tout en favorisant l’émergence d’équipementiers algériens autour des usines automobiles.

Une ancienne usine du groupe de Mahieddine Tahkout récupérée par l’État

L’histoire du site constitue également un élément important du dossier. GPI est en réalité l’ancienne Plastic Algeria Components (PAC), une société qui appartenait au groupe Cima Motors de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout.

Les actifs industriels de l’entreprise ont été confisqués à la suite de décisions judiciaires définitives, dans le cadre de la récupération par l’État des biens saisis dans les affaires de corruption.

En janvier 2026, les actifs de Plastic Algeria Components ont été transférés par les Domaines de l’État à la holding publique Algeria Chemical Specialities (ACS). L’entreprise a ensuite été relancée sous la dénomination General Plastic Injection (GPI).

Reste toutefois une interrogation : comment concilier l’arrêt des importations de pièces disponibles localement avec une capacité de GPI annoncée pour l’équivalent de 150 000 véhicules par an ?

Si la production automobile nationale dépasse progressivement ce seuil, les capacités de GPI et des autres sous-traitants devront suivre le rythme. L’échéance du 31 décembre 2026 annoncé par le premier ministre,  constituera ainsi un premier test.

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