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Le dinar algérien pris entre deux forces : stabilité officielle et pression souterraine

Le dinar algérien se trouve aujourd’hui pris dans un champ de tension invisible mais redoutablement efficace, entre deux forces antagonistes qui tirent chacune dans une direction opposée. D’un côté, l’État s’efforce de maintenir une certaine stabilité monétaire à travers le système bancaire officiel. De l’autre, une puissance diffuse et non institutionnelle agit dans l’ombre, exerçant une pression permanente sur la monnaie nationale via le marché parallèle des devises.

Dans le circuit bancaire formel, le taux de change est maintenu dans une fourchette contrôlée, autour de 150 dinars pour un euro. Ce niveau repose essentiellement sur les réserves de change, les mécanismes de régulation de la Banque centrale, ainsi que sur les restrictions imposées aux transferts de devises. Cette politique vise à éviter un choc brutal sur les prix, à préserver un minimum de confiance monétaire et à contenir l’inflation importée.

Ce soutien officiel permet au dinar de ne pas s’effondrer totalement, mais il reste artificiel et largement décorrélé de la réalité du marché.

En face, une autre force, beaucoup plus opaque, impose sa loi : celle du marché parallèle des devises, notamment à travers le célèbre marché du Square. Là, l’euro flirte désormais dangereusement avec le seuil des 300 dinars, un niveau psychologique lourd de conséquences.

Ce marché n’est plus un simple espace d’échange informel pour les particuliers. Il semble de plus en plus structuré, organisé, et animé par des réseaux capables d’orienter les flux, de créer artificiellement la rareté, et surtout de tirer le dinar vers le bas par une pression continue et coordonnée.

Un système organisé, pas un simple désordre

Contrairement à l’image d’un désordre spontané, plusieurs indicateurs laissent penser que l’économie parallèle fonctionne selon une logique quasi pyramidale, reposant sur des circuits de collecte, de redistribution et de spéculation parfaitement huilés. Ces réseaux profitent de la demande massive en devises, des restrictions à l’importation, du commerce informel transfrontalier, mais aussi de la méfiance persistante envers le système bancaire.

Le danger réside dans le fait que cette mécanique semble s’inscrire dans une stratégie à moyen terme, dont l’effet prévisible est clair :

  • flambée durable des prix,
  • affaiblissement accéléré du pouvoir d’achat,
  • et pression sociale croissante.

Une bombe sociale à retardement

À mesure que l’écart entre le taux officiel et le taux parallèle se creuse, la crédibilité même de la politique monétaire est érodée. Les importations informelles se généralisent, les prix se fixent sur la base du taux parallèle et non du taux bancaire, et l’inflation devient structurelle.

À terme, ce déséquilibre risque de placer la société sur un véritable “plateau chauffé à blanc”, où la pression économique se transforme rapidement en colère sociale. Car lorsque le dinar s’effondre dans les faits, ce sont les classes moyennes et populaires qui encaissent le choc de plein fouet.

Une bataille monétaire qui dépasse la simple économie

Ce qui se joue aujourd’hui autour du dinar ne relève plus seulement de la gestion monétaire classique. Il s’agit d’une véritable bataille de souveraineté économique, où l’État fait face à des forces souterraines qui disposent de leviers financiers puissants, non institutionnels, mais redoutablement efficaces.

La question centrale reste donc posée :
qui contrôle réellement la valeur du dinar ?
L’institution officielle ou le marché parallèle devenu un centre de pouvoir économique à part entière ?

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Un commentaire

  1. « Si seulement mon peuple savait… » (ou « Ah, si seulement mon peuple savait… ») est une expression qui s’impose aujourd’hui face à la fragilité cognitive et médiatique d’une grande partie de la société, qu’il s’agisse de son élite ou du commun du peuple.
    Malgré tout cela, il est évident que nous plaçons nos espoirs dans les institutions de l’État algérien, que nous avons l’habitude de voir trouver des solutions et déjouer les complots, d’autant plus que nous savons que le moment est venu pour celui qui a atteint le sommet de la corruption de chuter .

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