Algérie–États-Unis : 231 ans de relations célébrés, mais toujours pas d’ambassadeur à Alger
L’ambassade des États-Unis en Algérie a célébré, ce samedi 5 septembre, le 231e anniversaire de la signature du traité de paix et d’amitié entre les deux pays. Une date symbolique qui rappelle l’ancienneté des relations algéro-américaines, mais qui intervient cette année dans un contexte diplomatique particulier : Washington n’a toujours pas d’ambassadeur accrédité à Alger depuis le départ d’Elizabeth Moore Aubin au début de l’année.
À l’occasion de cet anniversaire, l’ambassade américaine a diffusé une vidéo intitulée « 231 ans d’amitié et de partenariat », rappelant que l’Algérie et les États-Unis avaient signé, en 1795, un traité de paix et d’amitié qui allait constituer l’un des premiers fondements de leurs relations bilatérales.
Dans son message, la représentation américaine souligne qu’après plus de deux siècles, les deux pays continuent de renforcer cette relation historique à travers le dialogue, la coopération et les liens entre les peuples, tout en affichant sa volonté de poursuivre la construction de ce partenariat dans les années à venir.
Une relation qui remonte à George Washington
La portée historique de cette date tient également au contexte dans lequel le traité avait été conclu. Les États-Unis étaient alors une jeune nation, indépendante depuis moins de vingt ans, cherchant notamment à sécuriser ses échanges commerciaux et sa navigation en Méditerranée.
L’accord fut conclu sous la présidence de George Washington, premier président des États-Unis, et organisait les relations de paix, de commerce et de navigation entre la jeune République américaine et la Régence d’Alger.
Plus de deux siècles plus tard, les rapports entre Alger et Washington se sont considérablement élargis. Ils couvrent désormais les domaines politique, sécuritaire, économique, énergétique, militaire, culturel et universitaire, auxquels s’ajoute un dialogue régulier sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux.
231 ans de relations… mais un fauteuil d’ambassadeur toujours vacant
La célébration de cette année fait toutefois apparaître une situation diplomatique inhabituelle.
Alors que Washington met en avant l’ancienneté et l’importance de ses relations avec Alger, les États-Unis restent, depuis plusieurs mois, sans ambassadeur accrédité en Algérie.
L’ancienne ambassadrice Elizabeth Moore Aubin a achevé sa mission au début du mois de janvier 2026. Le président Abdelmadjid Tebboune l’avait reçue le 6 janvier à l’occasion de sa visite d’adieu.
Depuis son départ, la représentation diplomatique américaine est dirigée par Mark Schapiro, qui exerce les fonctions de chargé d’affaires, dans l’attente de la nomination d’un nouvel ambassadeur.
Cette situation n’empêche évidemment pas la poursuite des relations diplomatiques. L’ambassade continue de fonctionner et les contacts entre responsables américains et algériens se poursuivent. Mark Schapiro a notamment rencontré récemment le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, dans le cadre des échanges autour de la coopération énergétique.
Mais après près de huit mois de vacance, l’absence d’un ambassadeur titulaire devient difficile à ignorer, particulièrement au moment où Washington célèbre publiquement l’ancienneté de son partenariat avec Alger.
Une absence qui interroge
La question est donc moins celle du fonctionnement quotidien de la relation que celle du signal politique envoyé par cette vacance prolongée.
Pourquoi Washington n’a-t-il toujours pas désigné de nouvel ambassadeur à Alger ? S’agit-il simplement des délais liés au processus américain de nomination et de confirmation diplomatique, ou cette attente traduit-elle une période d’observation dans une relation confrontée à de nouveaux équilibres régionaux ?
La question prend davantage de relief dans un environnement international marqué par de fortes tensions au Moyen-Orient et dans le Golfe, où les États-Unis et l’Iran se trouvent au cœur d’intérêts stratégiques opposés, tandis qu’Alger entretient de son côté des relations importantes avec Téhéran.
De la signature du traité de 1795 à la célébration de son 231e anniversaire en 2026, les relations entre l’Algérie et les États-Unis ont traversé de nombreuses périodes et transformations.
Cette année, un détail diplomatique accompagne toutefois la célébration : 231 ans de relations, mais toujours aucun ambassadeur américain à Alger.

